Anastasie Gonstaw

Du tourisme à la sellerie marine

 

 

Reportage et photographies noir et blanc

le 13 février 2019

 

Pour concilier vies professionnelle et familiale, Anastasie Gonstaw, 31 ans, a installé son atelier de sellerie marine dans sa maison à Fouesnant. Parcours d’une jeune maman originaire de Guérande qui se dédiait à des métiers liés au… tourisme.

L’autoentrepreneuse a créé Hilo sellerie en octobre 2018. Peu après la naissance de sa petite Julia. « Je ne voulais pas mettre ma fille quarante heures par semaine chez une nourrice et je voulais en profiter et la voir grandir » explique-t-elle. En accord avec son conjoint, préparateur de course à la voile à la Forêt-Fouesnant, elle décide donc de se réorienter professionnellement.

Quatre ans autour du monde

« J’ai découvert le métier de la sellerie quand je travaillais au début des années 2010 comme hôtesse à bord d’un catamaran privé. On faisait appel à des selliers » évoque-t-elle. Pendant deux ans, elle va ainsi sillonner la méditerranée, la mer baltique et les Antilles en compagnie de son conjoint, skipper du voilier.

Une première expérience professionnelle pour la jeune femme qui a obtenu son bac « action commerciale et communication » à Notre-Dame de Saint-Nazaire, un BTS tourisme à Perpignan en 2009 puis une licence d’espagnol passée en Andalousie.

« On voyageait pour les autres, nous avons eu envie de voyager pour nous ». Pendant deux ans, le couple parcourt ensuite l’Asie, le Japon, la Nouvelle-Zélande. À leur arrivée à Fouesnant, la jeune femme ne va pas pouvoir capitaliser cette découverte du monde. Dans cette Bretagne sud touristique, « il fallait parler allemand, moi je parlais espagnol… ».

Le bouche-à-oreilles

« J’ai vu qu’il y avait une formation de sellier à Douarnenez. J’ai passé mon CAP et mon certificat de qualification professionnelle aux Ateliers de l’enfer en juin 2016 » précise Anastasie Gonstaw.

Après des petits boulots, elle obtient un CDD chez Le Bihan voiles à Port-la-Forêt.

 

Avec l’arrivée de Julia sonne l’heure de l’auto-entreprenariat. L’entreprise n’en est qu’à ses débuts, « je suis en train de créer mon site Internet, je fais des cartes de visites ». Le bouche-à-oreilles lui a amené ses premiers clients, « les équipes de la Forêt-Fouesnant demandent surtout des réparations sur les bateaux de course, j’ai aussi une clientèle de particuliers, des travaux sur de grands voiliers ». Ses origines familiales aussi, « je fais autant à Guérande qu’ici ».

La tapisserie d’ameublement en complément

Elle le constate cependant, « les gens font dans la proximité, certaines personnes apprécient de faire travailler les acteurs autour d’eux ». On travaille un peu par zones. Moi, je vais de Fouesnant à Guidel. Je ne suis jamais allée à Bénodet ou Combrit .

Aujourd’hui, elle consacre trente heures par semaines à son activité « parce que j’ai bébé ». Son activité à domicile la conduit à « travailler le samedi, le dimanche, des soirs aussi ».

« Depuis la création, j’ai une activité régulière, j’en vis. C’est aussi parce que je n’ai pas de loyer extérieur à payer » précise-t-elle.

Anastasie Gonstaw s’accorde deux ans pour développer son activité. Elle se forme d’ores et déjà à la tapisserie d’ameublement et la rénovation de fauteuils, « un bon complément ».